François Bertrand a écrit :Yevgueni Makhno a écrit :Une betise de plus haut point, et j'ai envie de dire, une fois de plus.
Au lieu de s'attaquer au proxénétisme, occupez vous d'abord de ces filles qui racolent, et de pourquoi elles le font.
Dans la réponse à ''pourquoi elle le font'', il y a ''proxénétisme'' mais aussi d'autres facteurs.
Je pense que juger ce texte de bêtise ''de plus haut point'' est déjà une bêtise, notamment quand on sait que le proxénétisme repose sur l'exploitation de l'Homme et est considérée comme une forme d'esclavage moderne.
Alors oui
il faut s'occuper des racoleuses puisqu'elles dégradent la société et les mœurs de bienséance mais il faut aussi s'occuper des
proxénètes, qui ne sont pas des anges non plus.
Ce n'est pas en favorisant le combat de l'un ou en n'appliquant que la répression de l'autre que l'on arrivera à combattre ce fléau.
En gras et gros, c'est ce que vous dites de plus débile.
En souligné c'est la parcelle d'intelligence de vos propos.
Maintenant, j'explique le "code couleur" de correction de votre intervention.
En gras et gros, c'est très simple, vous abordez d'abord les racoleuses (ha-ha) en les rendant coupable de la dégradation de la société et des moeurs de bienséance. D'une c'est carrément stupide, de deux, c'est bien faux dans la construction intellectuelle de votre raisonnement. En fait, le un et le deux vont ensemble.
Tout d'abord les racoleuses sont majoritairement victimes des déterminismes qui les entourent. Déterminisme du contexte financier et économique dans lequel elles sont, déterminisme du à la socialisation qu'elles ont intégré, etc. Les putes font rarement ça pour leur plaisir. Mais très rarement, ou alors je n'en ai pas encore trouvé.
Ensuite, vous m'excuserez de vous gifler intellectuellement, la dégradation de la société n'a pas attendu trois catins sur un trottoir et les macros pour les surveiller. Tout ça pour trois choses:
- la première, c'est parler de dégradation de la société, c'est avoir une vision décliniste des sociétés, ce qui favorise évidemment la résignation, l'acceptation du "déclin imminent et fataliste de la société occidentale". Quoi ? On va avoir le droit à Huntington bientôt ? Aux pires réactionnaires existants ? Vous glissez lentement sur la voie du réactionnaire petit bourgeois, imbu et ayant le volonté de sauvegarder coute que coute (quitte à rendre responsable les femmes du tapin plutot que de se remettre en question) sa culture, l'ordre social, le libéralisme blablabla et toute cette connerie néo-libérale et conservatrice avalissante, suintante, rampante qui vous décrédibilise totalement en temps que républicain. Mais ça, on commence à en avoir l'habitude.
- la seconde, c'est que votre conservatisme hautain se voit très clairement mis en avant par votre propos sur les "moeurs de bienséance". La, nous atteignons des sommets en terme de dédain pour ceux qui n'auraient pas ces codes la. Expliquons donc, à travers un auteur de sociologie trop bien connu ici pour le citer, la violence symbolique qui se traduit par vos mots. Vous considérez que "les moeurs de bienséance" ne doivent pas être contredis par des actes. Or, ces "moeurs de bienséance" proviennent d'une classe supérieur dans un domaine de répartition des capitaux (nous avons: économique, social, culturel, ici, c'est le culturel qui nous intéresse) qui les a édicté afin d'encadrer pleinement la société d'un point de vue moral. Or, s'il y a bien une chose à laisser aux individus, c'est leur propre morale. Par conséquent, en prenant les "moeurs de bienséance" comme référence, nous pouvons considérer que je ne les respecte pas du tout depuis le début de mon intervention, et que ces prostitués non plus, ce qui veut dire que d'un point de vue social, vous allez exercer une réprobation sociale à mon encontre (comme avec les prostitués par l'intermédiaire du soutien à ce projet de loi), et en fin de compte, une violence symbolique.
- la troisième et dernière, c'est simple, la prostitution existe depuis toujours, et seul les Etats qui l'ont très bien encadré par des maisons closes s'en sont sortis.
Enfin, les proxénètes ne sont pas des anges, c'est sur, et vous non plus, c'est pour cela que l'Etat, comme acteur impersonnel servant l’intérêt général (chose que vous avez bien oublié dans votre minable parti) a son rôle à jouer en légalisant, encadrant, surveillant la prostitution non pas pour la limiter, mais pour éviter tout trafic d'humain, d'organe, pour empecher les risques sanitaires pour les prostitués comme pour les clients. Mais sauver des vies est apparemment contraire à vos règles de bienséance.